Alcool au volant : tolérance zéro ? Bordeaux Gironde

Président du Conseil national de la sécurité routière, Robert Namias veut abaisser le taux maximum d'alcoolémie au volant à 0,2 g/l de sang, comme le préconise une directive européenne.

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Alcool au volant : tolérance zéro ?

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En juin, Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, avait répondu par la négative à cette demande afin d'éviter une polémique.On pourra toujours tremper ses lèvres, mais pas plus si on veut prendre le volant. Alors qu'un verre d'alcool est aujourd'hui autorisé avec le seuil de 0,5 gramme par litre de sang, il pourrait prochainement être proscrit. Robert Namias, le président du Conseil national de la sécurité routière (CNSR), a en effet répété sa volonté d'abaisser le taux maximal d'alcoolémie au volant à 0,2 gramme. Une proposition qui ne plait pas à tout le monde.

Robert Namias n'en est pas à son coup d'essai. En juin dernier, il demandait déjà à Dominique Bussereau d'intervenir afin de faire baisser le taux légal d'alcoolémie. La réponse du secrétaire d'Etat aux Transports ne laissait alors pas de place au doute : "C'est non. Aujourd'hui, le seuil de 0,5 gramme paraît de bon sens. Le vrai problème, ce sont les gens qui vont loin dans l'alcool. La priorité du gouvernement est d'abord de faire appliquer la règle des 0,5g/l qui n'est pour le moment pas respectée", expliquait-il sur RTL. "AVOIR UN TAUX QUI SOIT PROCHE DE 0"Mais le Directeur général adjoint en charge de l'information de TF1 a de la suite dans les idées car pour lui, la politique de lutte contre l'alcool au volant a été jusqu'alors "absolument inefficace". Répondant par avance aux inévitables récriminations que suscitera sa demande, notamment de la part du lobby du vin, il argue que cette baisse n'aurait rien "d'exorbitant ni d'extraordinaire." Il s'appuie en cela sur un texte supranational. "Une recommandation de la Commission européenne dont on ne parle jamais qui date pourtant de janvier 2001 recommande à l'ensemble des Etats européens de passer de 0,5 à 0,2 à partir de 2010. Ce que je souhaite simplement, c'est qu'on active cette recommandation et même, si on ne le fait pas tout de suite, que d'ici trois ans on puisse avoir un taux qui soit proche du taux zéro", explique-t-il.

Pour Namias, les progrès enregistrés par la sécurité routière sont encore à approfondir. Car si la lutte contre la vitesse a bien fonctionné, notamment grâce à la multiplication des radars sur les bords des routes, la donne est sensiblement différente au sujet de l'alcool au volant. "Non seulement l'alcool continue à tuer mais (...) malgré une politique de communication très importante, malgré d'ailleurs un renforcement des contrôles, malgré un système pénal beaucoup plus dur, la politique a été absolument inefficace", a déploré le président du CNSR. Et pour donner un peu plus de poids à ses propos, Robert Namias s'appuie sur les chiffres. "Il y a aujourd'hui 25% de tués sur la route dus à l'alcool au volant en moyenne sur les 4.800 chaque année, 50% la nuit et le week-end".DEFINIR LES PRIORITES

Si la réponse de Dominique Bussereau ne devrait pas se faire attendre, les deux hommes sont d'ores et déjà en désaccord sur un point précis. Le secrétaire d'Etat aux transports estime qu'un effort particulier doit être fait sur les jeunes tandis que Robert Namias réfute cette stigmatisation. "On considère actuellement que ce sont les jeunes qui sont les principales cibles de la lutte contre l'alcool au volant, je ne vois pas pourquoi (...) La vérité est bien plus compliquée que ça", explique-t-il.Complexe certes, mais toujours est-il que des chercheurs ont mis en évidence une baisse significative des réponses du cerveau à partir de 0,4 g/l. Une baisse à 0,2 g/l, voire même à 0, serait donc la solution idoine pour baisser le nombre de morts sur nos routes ? D'autres problèmes seront encore à résoudre. Car plus que l'alcool, c'est son mélange avec le cannabis qui pose actuellement le plus de problèmes sur les routes. Dominique Bussereau veut d'ailleurs renforcer "les contrôles salivaires", le moyen le plus efficace et le plus rapide pour détecter la présence de produits stupéfiants. La sécurité routière a donc encore du pain sur la planche.

Author: Benjamin BONNEAU

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