Alzheimer : "Soudain ma mère m'a appelée madame..." Bordeaux Gironde

Alzheimer est une térrible maladie, dabord on oublie un peu, puis de plus en plus, jusqu'a ne presque plus rien savoir dans un stade très élevé. Lisez notre article pour en savoir plus.

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Alzheimer : "Soudain ma mère m'a appelée madame..."

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© Jupiter Alzheimer : “Soudain ma mère m’a appelée madame...”

Ce n’est plus maman ! Ce n’est plus “ma” maman… " Sandrine ne peut réprimer ses sanglots. Elle cache sa tête entre ses mains pour essuyer ses larmes. A ses côtés, cheveux défaits, regard absent, une vieille dame fluette dodeline du chef. Elle lève un bras tremblant comme pour intimer un ordre : " Tous ces gens attendent, il faut les servir ! " Il n’y a personne. Le petit salon est vide. Dans la cuisine, Jean-François, appuyé contre la porte, fixe la fenêtre, le visage fermé. " Elle est en 1939, à la veille de la guerre, dit-il. Son restaurant a été bombardé. Parfois, elle se sauve dans le jardin en criant que les avions arrivent… C’est ma sœur qui s’en occupe, moi, je n’y arrive pas, c’est trop dur. Ma mère ne sait même plus qui on est… "

La maladie s’impose peu à peu

Deux ans auparavant, les enfants et l’entourage d’Emilie avaient bien remarqué que la vieille dame, toujours si méticuleuse, oubliait tantôt son linge dans la machine à laver, tantôt ses lunettes dans un endroit secret, et confondait les prénoms de ses frères et sœurs avec ceux de ses petits-enfants. " Je commence à devenir vieille ! " s’amusait-elle à dire. Ce n’était pas bien grave. Parfois, agacé, Jean-François rabrouait sa mère, lui demandant d’être plus vigilante, plus attentive, plus égale à ce qu’elle avait toujours été. Difficile pour lui d’accepter les premiers écarts dus à l’âge, les premiers signes de la dépendance, les premiers symptômes du départ. Cette figure maternelle vacillante provoquait en lui des réactions de rejet.

" Et puis maman a parlé de moins en moins, a oublié de plus en plus, poursuit Sandrine. Mon frère était catastrophé de la voir se dégrader. Se sentant impuissant face à l’inéluctable, il souffrait beaucoup. Elle s’en est rendu compte. Alors elle a cessé de rire d’elle-même. Et de rire tout court. L’avis du médecin était flou. “Alzheimer, peut-être”, avait-il dit avec une moue dubitative. " Une série d’examens poussés et le diagnostic était devenu verdict : " C’est irrémédiable, avait déclaré le psychiatre. Vous allez assister au lent naufrage de son cerveau. " Combien de temps ? Il n’avait pu leur dire. L’abîme de la conscience, c’est un trou noir qui s’enfonce dans l’éternité. Un jour, les fonctions physiologiques s’arrêtent, mais l’esprit est déjà loin, depuis longtemps.

" Il a fallu réorganiser toute notre vie, ajoute Jean-François. Plus rien n’a été comme avant. Cela a été pire que si notre mère avait eu un cancer car là, au moins, elle serait restée lucide et nous aurait aimés jusqu’au bout. Il y a quelques mois, j’ai voulu la placer, mais Sandrine, sur les conseils du psychiatre, a préféré la garder auprès d’elle. "

Alzheimer, ce n’est pas un vieillissement normal

C’est une véritable et cruelle maladie qui peut aussi s’emparer des plus jeunes. " Mon mari avait 47 ans, moi 42, raconte Françoise. Il était commercial, toujours impeccable, très organisé et plutôt strict. Plusieurs jours de suite, j’ai dû renouer sa cravate moi-même et l’obliger à changer de chemise. Cela n’était jamais arrivé. Puis, je l’ai surpris en train d’appeler des amis trois fois de suite en une demi-heure. Nous avons mis ça sur le compte du surmenage. J’ai même pensé à une petite déprime. Ce sont nos enfants qui ont repéré que, fondamentalement, quelque chose n’allait pas. " Commence alors la tournée du médecin de famille, du psychiatre, du neurologue. Et la pénible vérité : " Le chef de service de l’hôpital nous a reçus, mes enfants et moi, et nous a expliqué que mon mari était atteint d’une grave maladie dégénérative qui allait lui être fatale. Nous sommes ressortis de l’entretien hébétés, incapables de réagir. Nous refusions d’y croire. "

Très vite, Etienne n’est plus parvenu à conduire ni à travailler. Au début, Françoise l’a accompagné à son bureau, où il passait son temps à ranger ses tiroirs. Il a continué aussi d’aller, comme chaque matin, chercher une baguette à la boulangerie du coin : " Huit mois après le diagnostic, alors que mon mari tardait, je l’ai aperçu par la fenêtre : il était perdu sur le trottoir d’en face, incapable de retrouver l’entrée de l’immeuble. Là, j’ai été obligée d’accepter la gravité de sa maladie. Et j’ai pleuré. "

Peu à peu, le mal a gagné du terrain, l’emportant progressivement sur ce corps qui se dégradait, sur cet esprit qui se vidait. Ses yeux restaient hagards, lui demeurait parfois apathique, comme terrassé par une honte qu’il ne savait ni exprimer ni cacher. A la fin de la troisième année de sa maladie, Françoise a dû commencer à le laver et à l’habiller : " Les petits gestes du quotidien ont alors pris une importance démesurée. Il fallait faire attention à tout. Etre au contact d’une vie qui s’en va, c’est être obligé de redonner un sens à sa propre vie. Mais un soir, j’ai fait la bêtise de demander aux enfants de s’occuper de lui car je voulais sortir.

Une expérience terrible pour eux. Ils n’ont pas supporté de devenir parents de leur père. Les deux plus jeunes ont beaucoup souffert de voir l’image paternelle ainsi détruite. Toute la dynamique familiale s’était effondrée. Un matin, après six ans d’incertitude, son cœur s’est arrêté. "

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