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Apprenons de ceux qui ont trouvé des solutions.

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Apprenons les uns des autres

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Au Viêt Nam, dans les années 1990, la malnutrition des enfants était encore généralisée dans les villages. Les causes étaient connues, mais considérées comme insurmontables : pauvreté, mauvaise distribution des vivres, insalubrité, eau contaminée, ignorance des besoins des enfants, etc. Tous les programmes internationaux qui s’y étaient attaqués avec les meilleures intentions n’avaient abouti à rien.

Jusqu’à l’arrivée d’un homme et d’une femme peu ordinaires : Jerry et Monique Sternin. Lui, américain, cheveux blancs et regard clair, ancien vice-doyen de la Harvard Business School, devenu directeur de programmes pour l’association Save the Children; elle, française, émigrée aux États-Unis, en Égypte puis au Pakistan, passionnée par tout ce qui redonne de la vie aux communautés abandonnées de tous.

Le gouvernement vietnamien n’aimait pas les Américains – on peut les comprendre – et ne leur avait donné que six mois pour faire leurs preuves auprès des enfants victimes de malnutrition. Jerry et Monique se sont rendus dans des villages, y ont réuni les femmes : « Connaissez-vous des mères dont les enfants ne sont pas malades ? » « Oui, oui », répondirent-elles. « Allons leur demander comment elles font », ont-ils alors suggéré.
Et les villageoises ont appris de ces mamans-là : comment elles avaient abandonné les interdits et les lieux communs pour suivre leur intuition; comment elles avaient trouvé le courage d’emprunter une autre voie. Elles avaient nourri leurs enfants même lorsqu’ils avaient la diarrhée. Elles avaient mélangé au riz des aliments considérés comme bas de gamme – petits crabes et crevettes de rivière, feuilles de patates douces –, apportant ainsi des compléments de vitamines, de minéraux et de protéines essentiels pour ces enfants fragilisés. Elles étaient restées à leurs côtés pour s’assurer qu’ils mangeaient bien tout, au lieu, comme tout le monde, de compter sur le fait qu’ils se nourriraient lorsqu’ils auraient faim.

D’un village à l’autre, les moyens étaient variés. Pour certains, ce n’était pas les crabes et les crevettes qui avaient fait la différence, mais les escargots, les graines de sésame ou les cacahouètes.

En revanche, partout, les différentes solutions trouvées pouvaient facilement être généralisées. Six mois après l’arrivée du couple Sternin, les enfants malades étaient devenus rares. Au bout de deux ans, en s’imitant les unes les autres, ces Vietnamiennes avaient fait reculer de 85 % la malnutrition dans leurs villages, et ce de façon stable (1). Aucun programme international n’y était jamais parvenu !
1. « The power of positive deviance » de J. Sternin et R. Choo, in Harvard Business Review, janvier-février 2000?; et « Positive deviant » de E. Dorsey, in Fast Company, novembre 2000.

David Servan-Schreiber

David Servan-Schreiber est psychiatre. Auteur de Guérir (Pocket, 2005) et d’Anticancer (Robert Laffont, 2007), il a fondé et dirigé un centre de médecine intégrative à l’université de Pittsburgh, aux États-Unis.

L’attitude de Jerry et de Monique avait simplement consisté à traiter ces femmes « déviantes » – qui avaient détourné les usages et les habitudes – comme des « maîtres ».

« Il faut s’asseoir aux pieds de ceux qui ont fait le travail de découverte et les écouter », disent-ils avec un sourire chaleureux. Quelques années plus tard, une de ces mères, qui avait appris à s’aider elle-même grâce à l’exemple de ses voisines, avait lancé, heureuse, en revoyant les Sternin : « Laissez-moi vous parler des changements qui ont eu lieu dans notre village. Nous étions comme des graines enfermées dans un lieu tout noir. Et maintenant, nous avons trouvé la lumière. »

Nous pouvons tous apprendre à écouter les découvertes de ceux d’entre nous qui s’en sortent mieux que les autres. Nous devons arrêter de penser que la guérison n’est due qu’à une loterie génétique favorable ou à des circonstances particulières propres à chacun. Partout, il existe des personnes diabétiques dont la maladie ne se complique pas; des personnes cardiaques qui guérissent; des personnes qui ont vécu avec un cancer et dont la tumeur a disparu pour ne plus revenir. Ne les traitons pas comme des « anecdotes » qui échappent à l’approche scientifique. Au contraire, écoutons ces « maîtres » autour de nous. Apprenons de ceux qui ont trouvé des solutions. Et faisons avancer la capacité de chacun à mieux maîtriser sa santé et sa vie, comme ces Vietnamiennes ont su le faire pour leurs enfants.

Novembre 2008

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