CHRONIQUE : La nostalgie des choix simples Bordeaux Gironde

Souvenez-vous de ces deux semaines, entre les deux tours des élections présidentielles : une belle jeunesse défilait partout dans le pays, des citoyens de toutes opinions visaient un même but, face à un vrai péril, on recherchait ce qui unit et rapproche, on se retrouvait sur des valeurs communes et fortes.

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CHRONIQUE : La nostalgie des choix simples

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Après l’hiver d’une campagne fatiguée, aux thèmes éculés, le coup de pied du premier tour dans notre fourmilière a ensoleillé dans les têtes l’idée de démocratie. On a voulu croire à un nouvel intérêt pour la politique, à sa découverte par les plus jeunes. C’était le bon temps.

Aujourd’hui, voici que l’on nous parle à nouveau d’accords électoraux, de triangulaires, de revanches à prendre, de surenchères des programmes, de majorités incertaines. Serait-ce le retour véloce de l’à-quoi-bon, ou du tout-ça-pour-ça ? Une si belle énergie était-elle impossible à conserver comme socle d’un renouveau d’intérêt pour la chose publique ? Chacun, déçu, va-t-il revenir à sa sphère privée, se convaincre que, décidément, le salut n’est plus dans le collectif ? Ce mai 2002 sera-t-il bientôt oublié, sauf par les lycéens dont ce fut le baptême politique ?
Pour éviter de se désoler prématurément, il faut comprendre en quoi ces deux semaines, entre deux 20 Heures du dimanche, ne relevaient pas de notre vie politique normale. A la minute où nous tous, téléspectateurs, avons connu les résultats du premier tour, la perspective d’une lutte incertaine entre des chefs indistincts s’est changée en combat entre le bien et le mal. On s’attendait au dernier round des Guignols, on a eu saint Jacques et le dragon. La stupeur passée, on a flairé l’occasion rare : enfin un choix simple !
Ce n’est pas un hasard si l’on a tellement fait alors référence au nazisme, au fascisme. Les derniers affrontements sans états d’âme datent effectivement de la Seconde Guerre mondiale. Les bons contre les méchants, même dans les tragédies, c’est au moins un confort moral. Pas de dilemmes compliqués. Tout le monde, sauf les brutes et les égarés, se retrouve dans le même camp. Depuis, les guerres étaient devenues douteuses et les débats politiques confus. Pas étonnant qu’on s’en détourne, qu’on les moque, qu’on s’abstienne.

Mais espérer que le fonctionnement d’une démocratie en paix soit limpide manque de réalisme. Toute vie (amoureuse, professionnelle, familiale, matérielle et politique) est complexe, car nos choix sont rarement clairs ou évidents. Ce que ce bel élan de mai a défendu est précisément notre droit à débattre, à douter, à nous tromper, à changer éventuellement d’avis, sans risquer la servitude. Rien d’étonnant à ce que nous nous y retrouvions, une fois le danger écarté.
« L’essence de la tyrannie est le refus de la complexité », a écrit Jacob Burckhardt, historien suisse. C’est ce refus même qui a été vaincu au soir du second tour. Nous avons su préserver notre droit à la complexité. Nous serions malvenus à recommencer de nous en plaindre.
Jean-Louis Servan-Schreiber
Journaliste et patron de presse, Jean-Louis Servan-Schreiber a toujours été attiré par la psychologie. Auteur de nombreux ouvrages, il a réussi à conjuguer ses deux passions à travers le magazine Psychologies.
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