CHRONIQUE : Notre corps, lieu de l'intuition Bordeaux Gironde

Ecoutons-nous les messages envoyés par notre corps.

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CHRONIQUE : Notre corps, lieu de l'intuition

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Jacqueline s’apprête à monter dans un ascenseur qu’elle croyait vide. Un homme inconnu est déjà dedans. Il la regarde avec un sourire trop marqué. “Vous montez ?” lui dit-il.
Elle sent son ventre se serrer ; elle a la chair de poule. Quelque chose n’est pas normal. Mais elle ne veut pas être impolie vis-à-vis de ce monsieur qui n’a – somme toute – rien fait de répréhensible, et elle ne voit pas comment elle pourrait dire non. Elle monte dans l’ascenseur. Il la viole. En racontant l’histoire le lendemain à la police, Jacqueline se rend compte qu’elle avait détecté cette silhouette inhabituelle dans sa rue depuis plusieurs jours…

L’ex-petite amie de Marc refuse de croire que tout est fini entre eux. Elle lui laisse des mots partout et sature son répondeur de messages. Marc hésite lorsqu’elle lui demande si elle peut venir chercher un livre qu’elle a laissé chez lui. Quelque chose lui dit qu’elle n’est pas dans son état normal. Mais après avoir habité ensemble trois mois, comment lui refuser cela ? Une fois dans son appartement, elle sort un couteau et lui balafre le visage. Il apprendra plus tard qu’elle avait pris de la cocaïne avant de venir le voir. C’était bien cela qu’il avait perçu dans sa voix…
Gavin de Becker, spécialiste de la violence, a décrit (1) comment notre système ancestral de détection du danger nous alerte presque toujours avant qu’un acte de violence ne soit commis contre nous. Hélas, le plus souvent, nous n’écoutons pas les messages envoyés par notre corps. Nous avons appris à les réprimer à l’aide de notre cerveau cognitif, celui du langage et de la pensée rationnelle. Le cerveau émotionnel – que nous partageons avec tous les animaux – est, lui, avant tout branché sur le corps, et c’est donc souvent par lui que se manifeste notre intuition. Pour être à son écoute, il suffit généralement d’être attentif à ce qui se passe physiquement en nous.

Dans une étude remarquable (2), des chercheurs de l’université de l’Iowa ont confirmé l’intelligence des réactions du corps. Des étudiants jouaient à un jeu complexe dont on ne leur avait pas expliqué les règles. Des électrodes placées à la surface de leur peau détectaient simultanément les variations minimes qui accompagnaient l’anticipation d’une victoire ou d’une perte. De temps en temps, ils gagnaient de l’argent, sans comprendre ce qu’ils avaient fait pour le mériter ; à d’autres moments, ils perdaient tout ce qu’ils avaient gagné, sans que cela ait davantage de sens pour eux. Lorsqu’on leur demandait ce qu’ils faisaient, ils disaient choisir leurs actions « au hasard ». Pourtant, au bout de trente minutes de jeu, les électrodes captaient des signes tout à fait fiables : quelques secondes avant d’obtenir un résultat, leur peau, elle, signalait déjà s’ils allaient gagner ou perdre. Tout se passait comme si leur corps avait déjà compris les règles, alors que leur cerveau cognitif, conscient, demeurait dans le noir.

Ce que nous appelons l’intuition est le résultat du travail constant de notre cerveau qui, à partir des dizaines, voire des centaines d’exemples concrets que la vie lui présente, déduit des règles. Cette opération est essentiellement le fruit du cerveau émotionnel, et non celui du cerveau cognitif. Ainsi, face à une nouvelle situation faisant appel à l’une de ces règles (par exemple : un individu rôdant plusieurs jours dans le quartier et me souriant étrangement ne me veut certainement pas de bien…), le corps se met en alerte, même si le motif de cette alerte ne devient pas conscient pour autant.
Et, comme le dit Gavin de Becker dans son livre, il y a deux bonnes raisons d’écouter son intuition : elle est toujours déclenchée en réponse à quelque chose, et elle a toujours à cœur notre intérêt personnel. Quoi qu’il arrive, elle ne nous fait donc pas perdre notre temps. 

Reconnaître les signaux

Lorsque nous évaluons notre relation à quelqu’un, il est important d’écouter les signaux envoyés par notre corps. Y prêter un peu d’attention peut nous aider à évaluer notre relation à certains individus. Une personne nous fait peur. Les signaux que peut nous envoyer notre corps sont : sentiment d’inconfort dans le ventre, chair de poule, accélération du rythme cardiaque, froid dans la poitrine, nausée, mains moites. Une personne nous attire. Les signaux que peut nous envoyer notre corps sont : relâchement des épaules, sensation de légèreté ou chaleur dans la poitrine, picotements dans les mamelons, gonflement du pénis ou du clitoris.

  1. in “La peur qui vous sauve” (JC Lattès, 1998).
  2. A. Bechara, H. Damasio, D. Tranel et A.R. Damasio. “Deciding advantageously before knowing the advantageous strategy” (1997, in “Science” n° 275, p. 1 293-1 295).

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David Servan-Schreiber
Professeur de psychiatrie clinique, David Servan-Schreiber a fondé et dirigé un centre de médecine complémentaire à l’université de Pittsburgh, aux Etats-Unis. Il est l’auteur de Guérir (Pocket 2005) et Anticancer (Robert Laffont (2007)

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