CHRONIQUE : N'oublions jamais Bordeaux Gironde

N’a-t-on pas dit que les humains étaient condamnés à répéter ce qu’ils ont oublié

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CHRONIQUE : N'oublions jamais

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Les critiques s’interrogent pour savoir si “Le Pianiste”, de Roman Polanski, est un beau film. On en ressort en tout cas convaincu que c’est un grand film. De ceux qui font barrage à l’une des grandes menaces qui pèse sur nous et nos enfants : l’amnésie de l’horreur dont les hommes, mêmes "civilisés", sont capables.
Cette histoire vraie d’un jeune pianiste survivant du ghetto de Varsovie nous est présentée dans sa nudité par le réalisateur, qui a lui-même vécu de tels événements, à Cracovie, dans son enfance. Pas d’épopée, comme dans “La Liste de Schindler”, pas d’hémoglobine inutile. Le seul héroïsme, là, est de faire face à l’atrocité absurde en essayant de ne pas mourir tout de suite. Ce n’est pas un film violent, au sens actuel du terme, mais il est dur comme un monument de granit. Car ce qu’il relate s’est bien produit et probablement en pire. En comparaison, “Orange mécanique” est un conte pour enfants.

Il serait pourtant salutaire qu’il soit montré dans les écoles, à chaque génération, pour que les imaginations des plus jeunes en soient marquées. On pourrait rêver qu’il passe à la télévision, même si c’est cinq fois moins souvent que “La Vache et le Prisonnier”. Car il serait stupide et dangereux de laisser ignorer ce qui s’est passé à ceux qui doivent s’armer pour une vie, dont nous savons qu’elle ne leur réservera pas que de bonnes surprises.
Ce qui m’a personnellement touché, ce sont les scènes où l’être humain résiste à tout. Ainsi, au moment où une foule de Juifs de tous âges attendent d’être embarqués dans ces wagons dont ils ignorent encore la destination finale. Un père de famille sacrifie ses derniers zlotys pour acheter un unique caramel qu’il partage méticuleusement en six morceaux, pour distribuer une parcelle de douceur aux siens qui l’entourent. Quant à l’atrocité, elle est montrée de la façon la plus simple, comme ce vieux Juif frappé dans la rue par des officiers allemands, qui lui intiment l’ordre de marcher dans le caniveau, car il n’a pas droit au trottoir.

Tout cela nous le "savions", mais rien ne remplace de le voir ou de le revoir, pour rouvrir en nous des plaies qu’il ne faudrait jamais refermer. On pensera, non sans raison, qu’il y a eu depuis, au Cambodge ou au Rwanda, des monstruosités comparables et qu’elles devraient aussi ne jamais s’effacer de la mémoire de l’humanité. Pour en être plus sûr, encore faudrait-il qu’il y ait eu, à Phnom Penh ou à Kigali, un Wladyslaw Szpilman (le pianiste) pour écrire son histoire au quotidien et un Polanski pour la mettre en images.
Quand vous irez voir “Le Pianiste”, osez y emmener vos enfants et parlez-en après avec eux.
Jean-Louis Servan-Schreiber
Journaliste et patron de presse, Jean-Louis Servan-Schreiber a toujours été attiré par la psychologie. Auteur de nombreux ouvrages, il a réussi à conjuguer ses deux passions à travers le magazine Psychologies.
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