CHRONIQUE : S'en tenir au présent Bordeaux Gironde

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CHRONIQUE : S'en tenir au présent

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Elle m’écrit. Elle m’écrit pour me dire à la fois son espérance et son chagrin. Lettre lancée dans l’espace ouvert d’une écoute possible, lettre bouée ou lettre libération, qu’importe, celui ou celle qui écrit a besoin de se dire et réclame attention, écoute, acceptation inconditionnelle de son vécu. Elle savait que son fils aimait les hommes, elle vient de découvrir, incrédule puis révoltée, qu’il a le sida…

« […] En ce moment, j’ai tout froid à l’intérieur de moi, des frissons désolés me traversent, mais les retrouvailles avec lui sont gaies. Nos échanges et partages si joyeux, si vivants, tels que je n’en avais plus vécu avec lui depuis ses 5 ans. Cela fait un tiers de siècle que je m’étais coupée de lui, ou qu’il s’était éloigné de moi. Ce n’est pas un enfant que je retrouve, mais un homme, un homme fragilisé, mais encore solide, avec un appétit de vie que je ne lui avais jamais connu. C’est moi qui ne sais pas m’en tenir au présent, qui n’arrive pas à vivre l’instant, sans cesse habitée de ce besoin inquiet de toujours anticiper un avenir que je sens terrible, que je vois dangereux et menaçant. Je suis habitée de plein de pensées polluantes, qui me déchirent, me déstabilisent.

C’est lui qui a besoin de soutien, c’est moi qui voudrais être secourue. […]

Je suis touchée bien au-delà de tout ce que je peux dire. Un renversement de vie, alors que j’avais enfin conquis ma liberté, que les difficultés matérielles s’aplanissaient, que je commençais à vivre vraiment pour moi, comme une femme à part entière, je redeviens mère, maman, totalement engagée dans la survie de mon fils, de mon petit… »

Elle ajoute en bas de sa lettre, comme un cri : « Je l’aime à en avoir le cœur qui éclate. » Et cela me renvoie à une autre lettre reçue à la même époque. « Sans père, sans frère, je ne connaissais des hommes que le mystère et la tentation, puis vint mon fils… » Cela réveille aussi en moi des échos jamais silencieux sur la responsabilité que j’éprouve vis-à-vis de mes enfants, adultes quadragénaires autonomes et engagés dans la vie, mais sur lesquels je reste en état de veille.

S’en tenir au présent, surtout quand il est bon à vivre, n’est pas toujours possible, mais quand il n’est qu’une séquence dans un avenir qui s’accélère, cela devient difficile. Nous sommes des êtres avec une histoire qui nous tire souvent vers le passé, nous immobilise ou nous renvoie à des situations inachevées, des blessures ou des rêves fous. Nous sommes aussi des rêveurs, des bâtisseurs d’avenir, voulant mettre le futur au service de nos désirs, surtout quand celui-ci se dérobe ou laisse apparaître des zones d’ombres et de menaces dans son horizon. Nous avons ainsi à naviguer au plus près de l’instant, dans un présent au présent.

Mars 2003

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