CHRONIQUE : Un corset dans la tête Bordeaux Gironde

Dans les années 20, Paul Poiret, couturier parisien, propose aux femmes d’abandonner le corset. A la même époque, Gabrielle Chanel promeut une ligne sans seins ni hanches. Que de progrès : la femme moderne n’est plus enserrée dans un appareil artificiel, elle jouit d’une nouvelle liberté corporelle, elle peut se mouvoir dorénavant avec souplesse, faire du sport, bouger, et même, poursuivant cette quête de liberté, se couper les cheveux, fumer, flirter et militer pour le droit des femmes

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CHRONIQUE : Un corset dans la tête

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Libres dans leur corps et dans leur tête, donc, les femmes d’aujourd’hui ? En fait, cette liberté corporelle a un prix : puisque nul corset n’est plus là pour maintenir les chairs, les modeler, donner aux rondeurs l’aspect du mince, il devient nécessaire d’avoir une nature qui corresponde véritablement à l’image que l’on veut donner. La suppression des artifices renforce l’idée que l’on est ce que l’on paraît être. Si le paraître exigeait de travailler longuement la parure, le naturel se révèle en définitive infiniment plus exigeant. Comme la taille ne peut plus être modelée par le dehors, comme nul panier ne cache plus la forme des hanches, il devient nécessaire de sculpter les chairs elles-mêmes pour leur donner les formes désirées : la diététique est vue comme un moyen de contrôler son apparence, et avoir du muscle devient indispensable pour que la chair se maintienne. Lorsque tout cela échoue, reste la chirurgie. La femme moderne, loin d’avoir gagné en liberté, n’a fait qu’intérioriser son corset.
Cette substitution de règles "internalisées" à des règles externes est plus générale : il en va de même de nos règles de vie et de nos comportements. Longtemps, nos scénarios et modes de vie, nos croyances et nos objectifs étaient grandement modelés par le milieu dans lequel nous vivions. Nous reprenions à notre compte la classe sociale, les croyances et les activités de nos parents, nous nous conformions à de puissants stéréotypes qui laissaient peu de place à l’interprétation individuelle.
Aujourd’hui, nous avons gagné en liberté et, croyons-nous, en authenticité. Chacun croit pouvoir, devoir vivre sa vie comme il l’entend. Il est admis que l’on choisit librement son lieu de vie, son conjoint, son métier, sa philosophie ou sa religion. Si bien que ce que nous sommes apparaît, non pas comme la résultante de contingences externes aboutissant à un destin qu’il convient d’accepter, mais comme la révélation de notre nature véritable. Les autres nous jugent, et nous nous jugeons nous-même, non seulement sur notre apparence physique, mais sur ce que nous faisons de notre vie. Notre personne et notre existence vues comme des œuvres d’art…
Ecrasante responsabilité !
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Gérard Apfeldorfer
Psychiatre, psychothérapeute, ce spécialiste des troubles du comportement
alimentaire a publié de nombreux ouvrages dont Mangez en paix (Odile
Jacob 2008) et répond chaque mois aux internautes de Psychologies.com dans
la rubrique Réponses d'experts.

Février 2003

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