Ces dettes inconscientes qui nous gâchent la vie Bordeaux Gironde

Nous nous sentons tous "responsables" de nos parents, de nos amis, de nos enfants, de nos collègues. Nous nous imposons tous des devoirs, des obligations et des missions qui nous empoisonnent l’existence quand, au fond, personne ne nous a rien demandé ! En fait, nous réglons, sans le savoir, ce que les psys nomment des dettes inconscientes. De qui, de quoi sommes-nous débiteurs ? D’où viennent ces dettes que nous ne nous formulons pas explicitement, mais que nous acquittons ?

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Ces dettes inconscientes qui nous gâchent la vie

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Depuis quelques mois, Marie passe tous ses week-ends à la clinique, au chevet de sa mère qui se remet peu à peu d’un cancer. Le pronostic des médecins est excellent, ses amis lui font de fréquentes visites et son moral est bon. Il n’y a donc aucune raison pour que Marie lui consacre tout son temps et n’ait pratiquement plus de vie personnelle… Thierry, lui, héberge son copain d’enfance, qui ne trouve pas vraiment utile de gagner sa vie et passe ses journées à railler les "esclaves du travail", confortablement installé dans le canapé…

La première, nous la contractons envers nos parents. C’est la fameuse "dette de vie". Certes, ils nous ont fait un cadeau inestimable en nous mettant au monde et nous avons des obligations envers eux. Mais est-ce une raison pour leur vouer une dévotion et une reconnaissance éternelles ? « Devenir adulte, c’est se dire, une bonne fois pour toutes, que l’on ne peut pas rendre à nos parents tout ce qu’ils ont fait pour nous, affirme la psychothérapeute Nicole Prieur. Tout parent devrait savoir que l’amour qu’il porte à ses enfants est un cadeau désintéressé. D’autant que la vie qu’ils nous ont donnée, ils l’ont eux-mêmes reçue. On est dans la transmission et non dans le don. C’est très libérateur de comprendre que ce que l’on ne peut rendre à nos parents, on le donne à nos enfants, qui le redonneront aux leurs. Notre devoir n’est pas de rendre aux générations passées mais aux générations futures, à l’avenir… »

Tout ce que j’ai fait pour toi

Hélas, peu d’entre nous ont cette indépendance vis-à-vis de leurs géniteurs, surtout quand ils ont un besoin irrépressible de nous rappeler à quel point ils se sont sacrifiés pour nous. « Il ne faut pas se laisser piéger par les discours sacrificiels des générations précédentes, exhorte Nicole Prieur. On risque d’y perdre sa liberté. » C’est ce que vit, douloureusement, Elisabeth : « J’ai entendu ma mère rabâcher pendant des années : “A cause de toi, je suis restée seule. Tu n’aurais jamais pu supporter qu’un homme prenne la place de ton père. Tu es ma seule raison de vivre.” Résultat, à 34 ans, “j’habite seule avec maman”, comme dit la chanson d’Aznavour. Parfois, je me sens piégée, mais je n’ai pas le courage de l’abandonner, car elle ne m’a pas laissée tomber quand mon père est parti ! »

Les parents ne sont pas seuls responsables de ces relations étouffantes. A leur sempiternel : « Je me suis sacrifié pour vous », répond le fantasme de toute-puissance des enfants. Ainsi, dire de ses parents : « Je ne peux pas les lâcher, ils ont besoin de moi ! », c’est se conforter dans l’illusion infantile que l’on va pouvoir les sauver. Au travail, entre amis, en couple, nous rejouons, sans le savoir, les relations compliquées que nous avions, enfant, dans la constellation familiale.

Comme l’explique Serge Hefez, thérapeute familial, « chacun occupe un rôle dans sa famille et dans sa généalogie. Il y a les rôles officiels – le père, la mère, le frère aîné, la sœur cadette – et les fonctions secrètes, les missions implicites qui nous “agissent” à notre insu et que l’on transporte sa vie durant. » Ainsi, l’un des enfants aura pour mission de détourner sa mère de la dépression, un autre sera "parentifié" pour servir de soutien à un père défaillant, un autre encore jouera le rôle de médiateur. Ceux qui se sentent obligés de prendre les autres en charge ont occupé, enfant, la place du "protecteur" prêt à se sacrifier pour le bonheur des autres.

Je ne peux pas la laisser tomber

Lorsqu’elle était petite, Marina, couvrait toutes les bêtises de ses frères. « Il y a deux mois, j’ai failli perdre mon job parce que j’ai fait engager l’une de mes amies dans ma société. Je savais que c’était une “fille à problèmes”, mais elle était au chômage et je ne pouvais pas la laisser tomber. C’était plus fort que moi, il fallait que je lui tende la main. Naturellement ça m’est retombé sur le nez, car elle a commis de grosses bourdes ! » Si Marina n’avait pas tenu son rôle de sacrifiée, son sentiment de culpabilité aurait été trop lourd à supporter. Cette culpabilité, nous en sommes tous pétris. Coupables de ne pas avoir répondu aux désirs de nos parents, de les avoir déçus, trop aimés ou haïs, coupables de les avoir fait souffrir. Tous les moyens sont bons pour y échapper.

Il a fallu six ans d’analyse à Thibault pour réaliser à quel point il se sentait responsable : « Mes parents travaillaient beaucoup et m’avaient confié la mission de m’occuper de ma petite sœur fragile. Ce que j’ai fait comme un bon petit soldat ! Si bien qu’à 26 ans, je payais ses loyers et comblais ses découverts… Je me sentais coupable d’aller bien et de la voir si mal. Un jour, j’ai dit : « Stop, débrouille-toi ! » Ça m’a libéré. J’ai cessé par la même occasion d’être “l’ami fidèle”, le compagnon qui assure pour deux, le collègue serviable qui se laisse souffler les promotions ! Je réalise que la seule personne à qui je dois quelque chose, c’est moi-même. »

« Certains clans accentuent l’importance de ce que chacun doit à la cellule familiale, aux ancêtres, au patrimoine, aux traditions, souligne Serge Hefez. Tous les descendants sont solidaires et pensent qu’ils ne pourraient exister sans ces liens puissants. Un peu comme dans les familles mafieuses… » Ainsi, Lionel s’est plié à la volonté paternelle en reprenant la direction de l’usine familiale, comme l’ont fait, avant lui, tous les fils aînés depuis plusieurs générations. « Cette succession était mon tribut à payer à la lignée. J’aurais adoré faire de la philosophie, mais je me le suis interdit. J’ai 56 ans aujourd’hui, je travaille comme un damné pour maintenir l’entreprise à flot, et je me rends compte que mon sens du devoir filial a gâché ma vie… »

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