Docteur, je suis accro au 0 % Bordeaux Gironde

Docteur, je suis accro au 0 % ? C'est grave ? Quelle conséquances pour ma santé ? Vais-je regrossir ? Le psychiatre Gérard Apfeldorfer répond à toutes ces questions dans notre article.

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Docteur, je suis accro au 0 %

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Docteur, je suis accro au 0 %

Tout baigne, docteur ! Je maigris sans me priver. Le matin, je mets des sucrettes dans mon café lyophilisé et je mange des laitages à 0 % de matière grasse. La preuve que je ne me prive pas, c’est que, les yaourts, je les mange quatre par quatre. A midi, je prends un ou deux substituts de repas renforcés aux protéines. Il y en a de délicieux : des boissons sucrées aux édulcorants, des potages, des mousses, des entremets, et même des gâteaux. Vers 4 heures, si j’ai un petit creux, je craque sur un de ces trucs qui gonflent dans l’estomac, un mucilage comme on dit. Et le soir, je me fais une double ration de plat allégé sous vide réchauffé au micro-ondes, un rapport goût-calories très avantageux.

Bon, dans l’ensemble, c’est un peu techno. Quoique, à la base, quand on va au fond des choses, ce sont des produits naturels, juste un peu retravaillés pour éliminer les calories qui ne servent à rien. Le mucilage, par exemple, c’est de la gomme de caroube : une plante, quoi. Vous trouvez que ce sont là des aliments factices, des ersatz, que si je me nourris ainsi de produits pharmaceutiques, c’est parce que ma relation à la nourriture est malade ? Bon, j’admets que la vraie nourriture me fiche la trouille : si j’y touche, je n’arrive plus à m’arrêter. Alors, je l’évite, je fais comme si elle n’existait plus. Quelle délivrance !

Comment ça, ce n’est pas une solution ?Je suis passée du 46 au 44 en moins de deux semaines ! D’ailleurs, si on se décidait à interdire une bonne fois pour toutes le Nutella, le saucisson, le roquefort, les paris-brest, les croissants au beurre, les spaghetti à la carbonara et les petits biscuits, il n’y aurait plus d’obèses et la Sécurité sociale ne s’en porterait que mieux.

Vous n’êtes pas d’accord, bien sûr… Vous trouvez que c’est folie que de reprocher à la nourriture d’être nourrissante, que ces produits artificiels sont à l’alimentaire ce que la masturbation est à la sexualité, un plaisir sans conséquence ? Je ne vous savais pas si prude, docteur. Ah, vous n’avez rien contre la masturbation ? Heureuse de l’apprendre.

Mais vous pensez qu’on peut être bon masturbateur et piètre amoureux, et que, de la même façon, consommer des aliments factices ne nous dit pas comment nous comporter face à la vraie nourriture ? Mais qui veut encore de la " vraie nourriture ", comme vous dites ? Tous ces trucs trop gras et trop sucrés ? Pourquoi ne me nourrirais-je pas d’ersatz, si ça me réussit ? Vous pensez que ça va me pousser à la boulimie ?

Parce que, quand on mange des aliments qui ne nourrissent pas, on a tendance à en avaler des volumes de plus en plus importants, vu qu’on reste sur sa faim et que la seule satisfaction qu’ils apportent, c’est de nous bourrer l’estomac ?

Faire appel à des aliments factices pour maigrir, ce serait appliquer une stratégie boulimique en vue de perdre du poids : l’objectif resterait de pouvoir consommer tant et plus, sans limitation aucune ?
Selon vous, les boulimies d’aliments hypocaloriques ne feraient donc que préparer d’autres boulimies, à base d’aliments hypercaloriques cette fois ? Il suffirait qu’on mange un petit bout de quelque chose qu’on aime pour qu’on perde le contrôle, qu’on sombre dans la compulsion et qu’on reprenne tous les kilos qu’on a perdus ? Puis on recommencerait et on aurait un poids qui jouerait au yoyo ?

Sur le long terme, 90 à 95 % des gens regrossissent ? Oui, peut-être, mais il paraît que, sur le court terme, c’est 75 % des gens qui maigrissent. On n’est pas sur la même longueur d’onde, vous et moi : il faut que je rentre dans du 38 pour le réveillon ! J’enfile ma petite robe moulante, et les beaux mecs, je les dévore tout crus.

Vous croyez que je vais regrossir ? Vous avez sans doute raison, mais je m’en fiche : la seule chose que je veux, c’est être mince, quelques jours, quelques heures !

Gérard Apfeldorfer

Psychiatre, psychothérapeute, ce spécialiste des troubles du comportement alimentaire a publié de nombreux ouvrages dont Mangez en paix (Odile Jacob 2008) et répond chaque mois aux internautes de Psychologies.com dans la rubrique Réponses d’experts.

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