La folie du 4x4 Bordeaux Gironde

La folie du 4x4 est belle est bien existante ! Les conducteurs de véhicules tout-terrain ne vivent que de paradoxes : considérés comme des urbains à la campagne, ils s’affichent en ville dans des véhicules théoriquement conçus pour le milieu rural.

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La folie du 4x4

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À une époque où les voies de bus et les aménagements urbains diminuent l’espace des rues, ils se déplacent au volant d’engins volumineux qui occupent encore plus de place…
Plus étonnant encore : les acquéreurs de véhicules tout-terrain haut de gamme, type Land Rover, BMW, Mercedes, ou, plus récemment, Volvo et Porsche, optent pour des voitures spacieuses… et se déplacent seul dedans : en effet, statistiquement, ils n’ont qu’un enfant ! Et s’ils achètent bien des engins de franchissement à quatre roues motrices, 5 % seulement d’entre eux se hasarderont un jour sur des chemins boueux… Pourtant, le phénomène du 4x4 urbain, contradiction permanente et non-sens économique, connaît un engouement sans précédent.
En 1991, ces véhicules représentaient moins de 1 % des immatriculations en France. Aujourd’hui, ils frisent les 4 %, ce qui, dans le secteur automobile, est très important. Et, à en croire les études de Toyota, Mercedes, BMW ou Renault, leur nombre va exploser d’ici à 2005, avec une clientèle de plus en plus féminine.

Le roi de la jungle urbaine

« Ces contradictions ne sont pas surprenantes, analyse Robert Rochefort, sociologue, directeur du Crédoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie) et spécialiste du comportement routier. Je ne connais pas un produit plus révélateur de l’imaginaire de notre société. » Farouche opposant à l’irruption des tout-terrain dans la ville, il fustige « cette prothèse de surpuissance du moi, symbolique d’un individualisme sauvage. La métaphore du 4x4 est limpide : la ville est une nouvelle jungle et vous êtes au volant d’un véhicule équipé pour la traverser en conquérant, dans ce rapport de masse et de force qu’est l’embouteillage. Et l’idée que ces véhicules écolos s’inscrivent dans une redécouverte de la nature est un mythe opportuniste entretenu par les publicités des constructeurs. »
Ce réquisitoire, sans appel, est confirmé par quelques réalités empiriques que mentionne avec simplicité un motard de la police nationale : « A Paris, ceux qui obtempèrent le moins sont les 4x4 : ils roulent sur les voies de bus, se garent en double file et ne laissent pas passer les pompiers. Certains puristes ont encore les pare-buffles, les câbles et les protège-boue. Peut-être ont-ils l’impression que les autres voitures sont un troupeau de zébus ? Ils conduisent comme si le fait d’être au-dessus des autres leur permettait d’être au-dessus des lois… »
Cette « mise en hauteur » incriminée est fondamentale pour tenter de décrypter la psychologie du conducteur de tout-terrain : aux Etats-Unis, la dernière campagne pour le X5 de BMW parle d’un monde "over-all", "au-dessus de la masse", tel un espace déifié et miraculeusement débarrassé des basses contingences terrestres. Mais aussi une position où l’on toise les autres d’en haut et où l’on voit plus loin. Ce qui induit que l’usager de 4x4, dominant, appartient à une caste routière, une élite du volant.
« Cette conception de l’espace est fondamentale et entraîne un autre comportement routier : le trekking urbain, ajoute Jean-Marie Renouard, sociologue. Relisez les travaux du psychosociologue Erwing Goffman, dont les fabricants de 4x4 s’inspirent pour leurs études marketing. Goffman assimilait l’habitacle automobile au territoire du moi. En 4x4, ce territoire est non seulement agrandi, caparaçonné, mais aussi surélevé. On est dans la sphère du surmoi, avec une sensation de suprématie dans les embouteillages, milieu réducteur d’espaces individuels où les voitures se frôlent, où le territoire du moi est malmené. »

Une démarche… très féminine

Ces attaques en règle et sur tous les terrains agacent sévèrement Samuel Le Pastier, psychanalyste, qui voit dans ces observations tranchées « un symbolisme plaqué ». A l’écouter, le sempiternel discours de la « bagnole utérus » qui décuple l’agressivité territoriale est un peu limité pour expliquer le phénomène 4x4 dans toute sa complexité : « Le conducteur de ce type d’engins est, malgré lui, un surconsommateur de symboles. N’oublions pas que les 4x4 actuels sont les descendants des voitures coloniales et qu’ils “véhiculent” tout un héritage : la brousse, la Jeep militaire, le Dakar, le Camel Trophy. C’est le véhicule “différent” qui implique que l’on est potentiellement un aventurier de tous les instants. Vous imaginez le poids à assumer ? » Pas facile, en effet, à l’heure de la standardisation des voitures, de l’évasion programmée et de la vie professionnelle légiférée en RTT…
Plus tourné vers l’avenir, Samuel Le Pastier préfère réfléchir à la féminisation de la clientèle, un marché que des constructeurs comme Toyota ou Honda ont parfaitement appréhendé en proposant toute une gamme de modèles adaptés aux femmes. « C’est un aboutissement logique : les hommes conduisant un 4x4 sont dans une revendication machiste aux symboliques pourtant très féminines : le contact à la terre via les roues motrices, l’exaltation des valeurs de la nature… Je ne peux donc m’empêcher de voir beaucoup de féminité dans cette démarche si démonstrative d’affirmation virile », poursuit le psychanalyste.
Présentées aux directeurs des études marketing des différentes firmes automobiles, ces réflexions très abstraites sur la féminisation du phénomène ont intéressé, puis provoqué quelques confidences, à la limite du secret industriel, sur les modèles de demain. Ainsi, si BMW a déjà sorti une version réduite du X3 à l’attention des femmes aux Etats-Unis, Mercedes prépare discrètement un monospace surélevé, qui vise bien sûr le segment très prometteur des consommatrices du "produit tout-terrain".

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