Redoubler, les vrais risques Bordeaux Gironde

Comment savoir si le redoublement hissera la tête de l’élève hors de l’eau ou la lui enfoncera un peu plus ? Notre article vous présente les dangers du redoublement.

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Redoubler, les vrais risques

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Redoublera ? Redoublera pas ? Chaque fin d’année scolaire, la question taraude parents et enseignants. Dans le landernau de l’éducation, la polémique fait rage : le redoublement n’aurait aucune efficacité sur la réussite scolaire des élèves. Or, derrière ce débat d’experts, une autre question émerge : redoubler peut-il avoir des conséquences sur le psychisme de l’enfant ? Et si oui, lesquelles ?

« Les élèves redoublants ne sont pas traités de la même façon, constate Jean-Jacques Paul, directeur de l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) et auteur d’une synthèse sur le redoublement pour le Haut Conseil de l’évaluation de l’école. Ce qui fait que ceux qui ont redoublé ont souvent moins d’ambition scolaire. Le redoublement marque les élèves et les atteint dans leur estime de soi. Il y a un sentiment de honte, même chez les enfants de 6 ans. C’est toujours vécu comme un échec. Bien sûr qu’un redoublement peut bien se passer. Quand les parents, les enseignants sont là, quand l’enfant n’est pas stigmatisé… Mais cela reste encore trop exceptionnel. »

A se concentrer sur les seuls résultats scolaires, les parents ne voient pas toujours les dommages collatéraux d’un redoublement mal vécu. En se sentant mis à l’écart, l’enfant peut se démobiliser, ne plus croire en l’école ou en la réussite. Attention donc à la blessure narcissique… « S’il y a redoublement, il ne faut pas prendre le risque de le rater, confirme Béatrice Copper-Royer, psychologue et psychothérapeute spécialiste de la petite enfance. Si c’est le cas, il n’y a rien de plus triste. Cela peut conduire à des difficultés en cascade. Alors que s’il est réussi, c’est une façon de reprendre pied et de retrouver une bonne image de soi. »

Lutter contre le sentiment d’échec

Comment savoir si le redoublement hissera la tête de l’élève hors de l’eau ou la lui enfoncera un peu plus ? Nathalie Astolfi, enseignante en CP, a cette année dans sa classe deux redoublants qui réagissent très différemment : « J’ai d’un côté un élève qui a mis à profit son redoublement (il a maintenant un niveau proche de celui du CE1). Il a pu s’épanouir lors de son second CP. Mais en même temps, il a vécu cette décision comme un échec, et je ne sais pas quelle sera sa blessure narcissique. Dans la même classe, j’ai un autre redoublant qui, lui, n’a pas changé de niveau depuis l’an dernier et qui continue de se débattre dans ses angoisses psychologiques, culturelles et affectives. Cela dit, on ne sait pas non plus ce qui se serait passé si nous l’avions laissé passer en CE1. »

Redoubler serait-il bon pour les uns et mauvais pour les autres ? Pour la pédopsychiatre Béatrice Copper-Royer, il y a d’abord des différences selon les classes d’âge. « Dans le primaire, il n’y a pas de cancres, explique-t-elle. A cet âge-là, un enfant veut de toute façon faire plaisir à ses parents. S’il est en difficulté scolaire, il ne le fait pas exprès. Il existe toujours une cause qui l’empêche d’être dans l’envie d’apprendre. Au collège, l’élève doit s’investir plus personnellement. C’est aussi le temps de la puberté et de ses bouleversements, qui font que la scolarité est un peu désinvestie. Le désir de faire plaisir aux parents est moins présent. Il peut y avoir un système d’opposition fort mis en place par les enfants, surtout si les parents sont tendus vers la réussite scolaire. Enfin, au lycée, c’est encore différent. La porte de sortie est proche. C’est le moment où ils doivent se prendre en charge. Mais c’est aussi un moment d’intense stress scolaire, surtout dans les milieux favorisés, où les enjeux autour de la réussite sont extrêmement forts. »

L’attitude des parents et de l’équipe pédagogique est dans tous les cas déterminante. Selon une étude récente menée par l’Iredu, les élèves redoublants se démobilisent durant les vacances scolaires, contrairement à ceux qui passent de justesse et qui vont, eux, travailler pour se mettre à niveau. Un phénomène qui s’explique d’abord, selon le chercheur Jean-Jacques Paul, par le fait que « dans le cas d’un redoublement, les parents et les enseignants n’incitent pas l’élève à travailler ».

Eviter la culpabilité

L’idée d’être acteurs dans la mobilisation scolaire de leurs enfants n’est pas toujours facile à digérer pour les pères et les mères d’élèves en difficulté. « Les parents réagissent fréquemment par rapport à leur propre histoire, observe Richard Redondo, président de l’Association française des psychologues scolaires. Ils le prennent souvent comme un échec personnel et, du coup, se demandent ce qu’ils n’ont pas fait. » « Le dialogue avec les parents n’est pas toujours possible, regrette de son côté Stéphane Le Vourch, directeur d’école primaire en Bretagne. Cela dépend de la relation de confiance que l’on réussit à tisser avec les parents. Il y a ceux qui ne viennent jamais nous voir, parce qu’ils savent bien ce qui se passe et qu’ils ont peur d’être jugés. Et ceux qui nous disent “Pourtant, on travaille”, “Pourtant on avait appris les leçons”. »

A la culpabilité des élèves s’ajoute celle des parents, souvent désemparés par le désintérêt ou le renoncement scolaire de leurs enfants. « C’est normal que tous les parents aient envie que leurs enfants caracolent en tête de classe, assure Béatrice Copper-Royer. Mais si l’enfant redouble, il faut aussi que, de leur côté, les parents soient capables de l’accompagner sans se sentir de mauvais parents. A cet âge-là, les enfants ont besoin qu’on les aide, qu’on les suive, pas qu’on leur rajoute de la pression. »

Digérer la décision
Pour Nathalie Astolfi, enseignante en CP, « il y a un problème quand les parents projettent trop sur leurs enfants leur réussite ou leur échec. C’est très important de donner du champ à l’enfant, pour qu’il puisse être lui-même. Si l’enfant ne vit pas sa vie pour lui-même, il a toutes les chances de le payer plus tard. » Remettre l’enfant au centre de la décision serait donc la première précaution à prendre pour limiter la casse. « Pour expliquer son redoublement à l’élève, raconte Stéphane Le Vourch, je lui montre, par rapport à son travail, qu’il a quelques difficultés, que s’il passe dans la classe supérieure, il risque de ne pas pouvoir suivre. Je lui dis que c’est peut-être la meilleure solution pour lui de souffler un peu avant de repartir. Il m’arrive de voir des enfants soulagés. D’autres pleurent, parce qu’ils sont tristes ou un peu honteux. Mais une fois la décision digérée, ils passent à autre chose. »

Quand le redoublement est décidé, « ce qu’il faut préserver chez l’élève en plus de l’estime de soi, de la confiance en l’école et en toutes les personnes qui gravitent autour de son parcours scolaire, c’est surtout l’envie d’apprendre et de progresser », précise Béatrice Copper-Royer. Et si redoubler n’était finalement pas un problème scolaire ? « Le problème du redoublement, explique Richard Redondo, c’est qu’il n’est qu’un outil parmi d’autres pour pallier les difficultés scolaires. Or les parents ont tendance à ne répondre aux difficultés scolaires que par du scolaire, en négligeant tout ce qui se passe autour. »

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